vendredi 21 janvier 2011

Lucette MOULINE



Le mot dans sa coquille de musique
est rond comme le grain de sel d'une parole
ou la goutte qui fait déborder le vase du discours.
La voix pourtant
ajoute à l'océan
sans l'arracher au sable.
Depuis l'éther
elle épanche le sens sur la grève.


Où sourd-elle entre mer et ciel
collant au bruit de l'air un musc doré
qui ressemble à l'oeil
de qui j'aime
et qu'au milieu de la vie
je vendange avec hâte
en faisant bien attention de ne pas trop peser sur le cep
pour que la lumière lui soit sève ?


Tous les fruits ont passé.
Il ne reste qu'à cueillir le devenir.


Lucette Mouline, Bibliques, p. 22 ( José Corti) 

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