mercredi 22 décembre 2010

LES NABOKOV. VERA ET VLADIMIR

Véra Nabokov avec les lunettes de Lolita en 1966


      " Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo-Lii-Ta."


                       Lolita n'aurait sans doute jamais vu le jour sans Vera. Au moins par deux fois, Vladimir Nabokov voulut détruire le roman. Sa femme par deux fois l'en empêcha. Ce fut Véra qui s'occupa de la sortie du roman. Ce fut elle encore qui sillonna New York de haut en bas, de long en large avec sous le bras, empaqueté dans du papier, le manuscrit que Nabokov lui-même désignait comme une véritable " bombe à retardement".


                     Lors de l'adaptation cinématographique de Lolita, ce fut encore Véra qui prit les choses en main. Elle écrivit une lettre à  Stanley Kubrick :

"
Vladimir me demande de vous dire qu'il serait heureux d'avoir de vos nouvelles si vous pouvez supporter de vous adresser à lui en passant par moi."

Vladimir Nabokov, qui avait horreur des conversations téléphoniques, surtout internationales, ne lui facilita guère la tâche  :

"
Adressez-vous à ma femme si vous le voulez bien et je resterai à ses côtés pendant toute la durée de la conversation."




     C'est Véra qui gérait les affaires littéraires de son époux. Véritable bourreau de travail, les traductions, son courrier et la rédaction de nouveaux contrats l'occupaient six heures par jour. 







Sans aucun doute, Vera fut le guide et également la muse de Vladimir Nabokov. Ce dernier l'a d'ailleurs souvent dit.


Et surtout, Véra était douée d'un sentiment très fin de l'humour. Un jour, au Palace Hôtel de Montreux, Vladimir Nabokov renversa par terre le sucre en poudre destiné à son café, sous le regard amusé de Véra qui s'empressa de lui dire :


" Chéri, tu viens de sucrer tes chaussures." 




                 
On dit des Nabokov qu'ils étaient inséparables. Horst Tappe, l'ami photographe, le confirme :

"C'était vraiment un couple d'amoureux malgré leur âge. Il avait un sourire très chaleureux. Pour moi, c'était l'expression du bonheur. Il était quelqu'un d'heureux. Il ne disait jamais de choses tristes. Sauf une fois, quand Véra a été hospitalisée à Genève pour ses yeux. Il était très ému."



K. Khalil



























 






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