jeudi 23 décembre 2010

ROI, DAME, VALET. V. Nabokov (1928)




   VLADIMIR NABOKOV PAR DAVID LEVINE

                                                        
                      Vladimir Nabokov admirait le livre de Stevenson Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr. Hyde. Le meurtre est un thème omniprésent dans la littérature, il en est même souvent le personnage principal. L'odeur du crime est partout dans Roi, dame, valet.   
                    Un passage particulièrement halluciné et inquiétant est la visite de Dreyer au Musée du crime, sous la conduite du directeur du musée :


" Il inspecta les visages d'innombrables criminels, les photos agrandies d'oreilles, de paumes, les empreintes souillées, les couteaux de cuisine, les cordes, des haillons décolorés, des éprouvettes monstrueuses, mille objets insignifiants d'usage courant, offensés de façon imméritée et puis encore des rangées de photos, des visages de meurtriers mal lavés, mal vêtus, les visages gonflés de leurs victimes, devenues semblables à eux après la mort; et tout cela était si misérable que Dreyer eut un sourire. Il se prit à penser combien il fallait être borné, un maniaque idiot ou un hystérique simple d'esprit pour être accueilli dans cette collection."


                       Lorsqu'il quitte le musée, Dreyer a le sentiment d'apercevoir en chaque passant un assassin, et il s'amuse à inventer pour chacun un meurtre. Le crime étend son ombre sur le monde. Et il fait trembler.


K. KHALIL

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