jeudi 16 décembre 2010

GASTON BACHELARD. Lettres à Louis Guillaume

                 
GASTON BACHELARD


                          " LA CHAÎNE D'OR DES SYMPATHIES " 


                   La correspondance entre le philosophe Gaston Bachelard (1884-1962) et le poète Louis Guillaume (1907-1971) a duré d'octobre 1951 à juin 1962. 
                   On devine la joie de Louis Guillaume lorsqu'il adresse à Gaston Bachelard ses recueils : Chaumière, Etrange forêt, Ombelles, La Nuit parle, La Feuille et l'épine, ses romans, Le Rivage désert, Hans ou les songes vécus et un poème, Le feu mouillé, dédié à Bachelard.  En effet, quel privilège d'être lu et cité par un lecteur tel que Gaston Bachelard! Et le plaisir est réciproque, Bachelard le reconnaît :


" Pour le vieux professeur que je suis, c'est là une promotion, la plus belle, être aimé des poètes." (6 juillet 1952)


          Le feu, l'arbre, le vent, la pierre sont au coeur de l'oeuvre  de Louis Guillaume. Ses poèmes rencontrent un écho particulier chez Gaston Bachelard. Le commentaire d'Etrange forêt en témoigne :


" A vous lire je sens la forêt vivre sous la terre, cheminer sous la terre dans un été de la ténèbre. Je pense à des racines qui traversaient le sentier sous les ornières comme une humanité entremêlée. Sous terre les arbres sont peut-être errants. Ils cherchent. Ils dérogent à la solitude de la futaie... Que de rêves vous m'apportez, des rêves que je n'oserais écrire." (G. Bachelard, le 21 mars 1953)


         Dans La Nuit parle, Bachelard souligne la force de l'image :


" ... Voici un témoignage d'une flamme qui brûle dans l'intimité de l'arbre - toute une promesse de la vie flamboyante - Louis Guillaume, dans un poème qui a pour titre : Le vieux chêne, avec trois mots, nous comble de rêveries : Bûcher de sèves ", dit-il, pour magnifier le grand arbre." 


        Bachelard a gardé, jusqu'à la fin de sa vie, son extraordinaire appétit de lire et sa remarquable capacité d'étonnement. Ces 18 lettres, adressées à Louis Guillaume, " sont à lire comme un petit traité d'émerveillement."






K. Khalil


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